Pourquoi ces chenilles sont-elles si dangereuses ?
Chaque chenille porte jusqu'à un million de poils urticants microscopiques, en forme de harpon, contenant une protéine (la thaumétopoéine) qui provoque réactions cutanées, oculaires et respiratoires.
Le vrai piège : les poils volent
Nul besoin de toucher une chenille pour être atteint. Un nid abandonné, un coup de vent, une tondeuse qui passe sur une procession écrasée suffisent. Et les poils restent urticants plusieurs années après la disparition des chenilles.
Chez l'humain
Plaques rouges et démangeaisons intenses, conjonctivites, irritations respiratoires ; réactions allergiques parfois sévères en cas d'expositions répétées.
Chez le chien et le chat : l'urgence vétérinaire type
L'animal renifle ou lèche une procession, la langue gonfle et peut se nécroser. Sans prise en charge rapide, l'animal peut perdre une partie de la langue, voire mourir. Chevaux et ruminants sont exposés aux mêmes mécanismes au pâturage.
Réflexe d'urgence animal
Contact suspecté : rinçage abondant à l'eau claire, sans frotter (frotter casse les poils et aggrave la réaction), empêchez l'animal de se lécher, et filez chez le vétérinaire immédiatement. Chaque heure compte, même si les symptômes semblent légers au départ.
Reconnaître le problème dans votre jardin
Les nids : boules de soie dans les pins
- Cocons soyeux blancs, taille d'un ballon de handball
- En bout de branche, côté soleil, de l'automne à la fin de l'hiver
- Sur pin sylvestre, pin noir d'Autriche, cèdre
- Aiguilles brunies et clairsemées autour du nid (défoliations nocturnes)
Les processions : la période à risque
- Chenilles en file indienne descendant du pin pour s'enterrer
- De février à mai selon la météo et l'exposition
- Souvent dès février-mars dans les zones abritées de la métropole lyonnaise
- Un peu plus tard sur les hauteurs clermontoises
C'est pendant les processions que chiens et enfants les croisent, sur une terrasse, une allée, une pelouse. C'est la période de tous les accidents.
Ce qu'il ne faut JAMAIS faire
Décrocher ou percer un nid soi-même
Chaque manipulation libère un nuage de poils urticants. Même un nid « vide » en est saturé.
Brûler un nid sur l'arbre
Outre le danger d'incendie, la chaleur disperse les poils et abîme l'arbre.
Écraser une procession
À pied ou à la tondeuse : les poils restent actifs au sol pendant des mois, là où jouent les enfants.
Passer le jet haute pression
Dispersion garantie des poils en aérosol, sur toute la zone et au-delà.
Le bon traitement au bon moment : le calendrier qui change tout
Contre la processionnaire, la méthode dépend entièrement de la saison : c'est un cycle, et chaque fenêtre a son outil.
Automne (octobre-décembre) : échenillage mécanique
Coupe et destruction sécurisée des nids, en équipement de protection intégral, avant les descentes. La fenêtre idéale pour éliminer les colonies visibles.
Hiver (décembre-février) : pose d'écopièges
Collerettes installées autour du tronc qui capturent les chenilles à la descente, sans produit chimique. La solution idéale pour les jardins avec enfants et animaux.
Fin d'été / début d'automne : traitement biologique
Pulvérisation de Bacillus thuringiensis sur les jeunes chenilles : redoutablement efficace au bon stade larvaire, sans impact sur les autres insectes.
Été : pièges à phéromones
Capture des papillons mâles pour réduire la reproduction, en complément du reste du cycle, pas en solution unique.
Nous intervenons pour les particuliers comme pour les copropriétés et collectivités : un nid à proximité d'une école ou d'une aire de jeux impose une réaction rapide. Détail de la prestation : traitement chenilles processionnaires.
Et la processionnaire du chêne ?
Moins connue, elle suit un calendrier décalé : chenilles actives au printemps et début d'été, dans l'arbre (pas de procession au sol systématique), et des poils tout aussi urticants. Si votre chêne présente des plaques soyeuses le long du tronc et des branches, les mêmes précautions s'appliquent, et le même réflexe : ne pas y toucher, faire diagnostiquer.
Alexis Robert, co-gérant de Derateam 3D, technicien certifié Certibiocide et Izipest, intervient chaque semaine à Lyon ; son associé Tibault couvre Clermont-Ferrand et le Puy-de-Dôme. Qui sommes-nous
Questions fréquentes
Un nid de chenilles processionnaires vide est-il encore dangereux ?
Oui : c'est le piège classique. Un nid abandonné reste saturé de poils urticants actifs pendant des années. Il doit être retiré avec les mêmes précautions qu'un nid occupé, jamais décroché à mains nues ni laissé tomber au sol.
Mon chien a touché une procession : quels sont les premiers gestes ?
Rincez abondamment la gueule à l'eau claire sans frotter (frotter casse les poils et aggrave la réaction), empêchez l'animal de se lécher, et consultez un vétérinaire en urgence, même si les symptômes semblent légers au départ. L'évolution peut être rapide.
Peut-on abattre le pin pour se débarrasser des processionnaires ?
C'est rarement la bonne solution : les papillons recolonisent les pins voisins, et l'abattage d'un arbre porteur de nids disperse les poils. Un cycle de traitement adapté (échenillage + écopiège + Bacillus) protège l'arbre et le jardin durablement, pour un coût bien moindre.
La mairie peut-elle imposer le traitement des chenilles processionnaires ?
Oui. La processionnaire du pin est classée espèce nuisible à la santé humaine (décret de 2022), et de nombreuses communes du Rhône et du Puy-de-Dôme prennent des arrêtés imposant aux propriétaires la destruction des nids. En copropriété ou en limite de voie publique, ne pas traiter peut engager votre responsabilité.
À quelle période faut-il poser un écopiège ?
Idéalement en décembre-janvier, avant les premières descentes, qui peuvent commencer dès février dans les secteurs abrités. Posé trop tard, le piège manque les premières processions ; posé à temps, il capture l'essentiel de la colonie sans aucun produit.